Lull.

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Fond musical
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« _ Tu continues à espérer. Parce que c'est ce que fait tout le monde. En fait, tu ne sais plus très bien. Quand tout ça a commencé. Quand tu as commencé à faire semblant. Si bien que parfois, t'y crois vraiment. A ces mots que tu leur sers. Tu t'en sors bien, dis moi. Tu sais ce qu'ils veulent entendre, c'est facile. Des phrases toutes prêtes. Pré-faites. Tu t'inventes des rêves et des espoirs. Au fond, tu ne crois plus en rien, mais le principal est que personne n'en sache rien. Qu'ils ne voient pas le vide qu'est ta vie, et l'absence d'envies qui te détruit.  Puisqu'ils veulent des sourires, ils seront servis. Ils partiront légers d'avoir soulagé leur conscience et toi tu pourras souffler et te détester en paix. Tout ça t'arrange, finalement. Tu te complains dans cette situation. Tu ne prends aucun risque et tu abandonnes chaque fois que tu ne contrôles plus. Au moment où il y a une raison d'y croire un peu, tu te braques. Tu dis que c'est une manière de ne pas être trop déçue. Tu crois vraiment que c'est mieux de te résigner ? Etre fataliste t'épuisera jusqu'au dernier souffle. 
_ C'est facile pour toi. T'as le beau rôle. Tu crois me connaître par cœur, tu me fais rire. Vraiment. T'es drôle à voir. Avec ton air faussement concerné. Et cette compassion calculée et surfaite. Lassée. C'est vrai, tu sais sans doute beaucoup plus que tout le monde à mon sujet. Mais tu ne sais que ce que je veux que tu saches. Tu sais ma non vie. Les maux qui me tiraillent, les larmes qui me brûlent. Tu ignores ces petits riens qui m'accrochent un sourire. Ephémère. Mais vrai. Toutes ces illusions dont j'use ne servent qu'à tromper ceux qui ne me connaissent pas ou peu. Alors ne t'imagine pas être plus importante que les autres. Leurs rires francs, leurs sourires contagieux incrustent des étoiles dans mon ciel nuageux. Même si tout  le reste est faux, même si je me mens. Même si au fond ça ne va pas. Rien ne peut m'enlever ces secondes là. Tu dis vouloir que j'avance. Seulement tu ne vois que ce que tu veux voir. Peut-être bien qu'il me faut du temps. Ou que je l'utilise à mauvais escient. C'est vrai. Ca va dans tous les sens. Un vrai bordel. Incompréhensible. Impensable. Mais j'essaie. A bout de forces, oui. J'essaie. Mais ça tu ne le vois pas. Personne ne le voit et ce n'est pas plus mal, je crois. »

J'kaz !
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Le Samedi 26 Avril 20081 commentaire(s)

Dis, petite, tu as le regard si triste malgré tes sept ans. Est-il possible d’être triste à sept ans ? Bien sûr que oui mais on ne prend pas au sérieux. On ne t’a jamais prise au sérieux. Ton petit regard vide derrière tes lunettes cerclées jaunes et roses, personne ne s’en soucie. On t’as dit que ça passera et ça n’est toujours pas passé. Quand les autres criaient et jouaient pendant la récré, toi tu n’avais personne avec qui partager ton goûter. Déjà, tu savais, que tu n’étais pas comme les autres même si tu ne savais pas encore très bien pourquoi. Paraît que c’est le bel âge, celui de l’insouciance. Mais toi tu t’inquiétais déjà du nombre de bonbons que tu devais manger.
Tu grandis, enfin tu te pose pas la question. T’apprend des choses, paraît que c’est ça grandir. Mais en te faisant refuser pour le spectacle de fin d’année du cours préparatoire, tu comprends vite que rien ne change. Tu oublies, ça tu sais faire. T’es gentille, tu fais ce qu’on te dit de faire. Tu suis les règles comme un modèle bien démoulé par tes parents. Et tu dis oui pour ne pas risquer de perdre tout ce qu’il te reste. Et puis tu vois leurs vies qui filent et les sourires qu’ils enfilent. Tu réalise que c’est plus sympa d’être seule au milieu de plein de gens que d’être seule toute seule. Alors tu te fonds, tu d’adapte, tu rentre dans un autre moule, sans même t’en apercevoir.
Dis petite, prend lui la main à cette fille devant toi. Elle va mal et tu le vois. Au fond ses problèmes n’ont pas changé par rapport aux tiens. Les mots sont différents mais les maux restent-les même. C’est aussi la solitude qu’elle fuit et qui la rattrape toujours. Elle essaye de vivre mais le passé se traîne comme une ombre qui ralentit ses pas. Elle a raté beaucoup de trains qu’elle craint de ne jamais voir repasser.

 

J'kaz !
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Le Vendredi 25 Avril 20082 commentaire(s)

D’ici, j’observe le vent qui bouscule les arbres. A travers ces vitres aussi épaisses que poisseuses, les bruits de l’eau qui claque sur les toits, sur le sol, ne parviennent pas à percer au travers des fenêtres condamnées. J’ai cessé d’espérer que l’on nous répare la climatisation défectueuse. Je partage cette chambre avec des gens qui ont mon âge multiplié par trois et qui crachent leur poumons et leur reste de vie à longueur de journée. L’air est lourd et irrespirable. Les discours des médecins, imbuvables. Ils sont diplômés dans l’art de contourner les questions, ils excellent dans l’imprécision. Mes avant-bras sont bleus, jaunes, violacés, par les nombreuses tentatives de prises de sang et mes jambes engourdies, de n’avoir qu’à se reposer.

Ici c’est la loi du premier arrivé ou du plus malade. Et l’on attend la visite matinale du médecin comme un prisonnier attend sa libération. On vous oublie sur les brancards dans des couloirs grouillant de blouses blanches aux pas saccadés. On vous embrouille d’indigestes explications pour éviter de vous dire clairement la réponse négative à une demande de sortie. On vous demande si ça va alors qu’eux-mêmes ne supportent plus cet endroit. A l’extérieur, la pelouse est verte et bien taillée, les murs des bâtiments sont joliment colorés. Mais une fois rentré, on tombe nez à nez avec ces murs usés par le temps. Je pourrai vous dire le nombre de fissures et le nombre d’endroits où la peinture s’est effritée.

Ici, on se réjouit de dormir plus de deux heures d’affilée,  d’avoir un lit réglable, une chambre pour soi, une douche de libre, une bouteille d’eau fraîche ou un carré de chocolat pour le petit déjeuner.

J'kaz !
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Le Jeudi 24 Avril 20081 commentaire(s)

Il y a des jours où je voudrais mourir. Quand on oublie que je suis là. Quand je me dis que le passé ne peut-être que ce qu’il est. Lorsque je rate un examen. Où que j’allonge ma liste de regrets. Quand je vois les chiffres inscrits sur ma balance. Quand je pense à l'avenir. Quand la nostalgie squate chez moi pour des durées indéterminées. Quand je rate des choses justement par peur de les rater. Quan j'ouvre les yeux trop tard et que je me suis déjà brûlée.

Et d’autres fois, j’aime la vie. Quand je gagne un pari. Quand je lis ou vois quelque chose qui me bouleverse. Quand je finis ce que je commence. Quand j’entends des doigts frôler les cordes d’une guitare. Quand je ris à ne plus pouvoir me relever. Quand je ne suis pas seule. Quand je n’entends plus que la musique. Quand je me rends compte à temps du bonheur que je suis entrain de vivre. Quand on me comprends même si je ne dis rien. Quand j'expulse ce qui m'étouffe. Quand je vis.

J'kaz !
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Le Jeudi 24 Avril 20082 commentaire(s)